Zoom sur…PapaQuinqua, refaire un enfant à 50 ans

Cette fois-ci ce n’est pas une interview conventionnelle que je vous propose, mais un texte libre sur la paternité écrit par un papa pas comme les autres. Séverin (c’est son prénom) était déjà papa de deux enfants tous les deux presque majeurs quand il a eu sa petite dernière, alors qu’il approchait de la cinquantaine. Trois enfants, trois paternités vécu différemment à deux moments de sa vie espacés de 17 ans. Je l’ai contacté après avoir vu son blog et lui ai demandé de me raconter son histoire de papa. Je vous laisse la découvrir à travers ses mots, avec son ton franc et direct. Bonne lecture à tous !

Infos du papa


Bébé et moi

Prénom : Séverin

Ton âge actuel : 50 ans

Profession : Cadre dans le social

L’âge où tu es devenu papa : 28 ans

Nombre d’enfants : 3 (une fille de 22 ans, un fils de 19 ans, une fille de 20 mois)

 


Je voulais être transparent… alors ne m’en demandez pas trop !

J’ai toujours cherché à être le plus transparent possible, le plus banal, ne pas me faire remarquer. Pour qu’on me foute la paix. Pas de bol, mes parents m’ont choisi un prénom un peu hors du commun, surtout pour une époque où il était de bon ton de s’appeler Laurent, Jean-Pierre ou Marc. Du coup on se fait repérer. Du coup ma vie a été un peu agitée. Je passe les détails et j’en viens à une époque récente : redevenir papa à 49 ans. Dix-sept ans après le dernier gamin… Là aussi, ça ne passe pas inaperçu. Il m’a fallu un long travail sur moi-même, et maintenant je n’ai plus peur qu’on me jette des cailloux parce que je serais « trop vieux » ou que je serais un pervers pépère qui a opté pour une petite jeune qui – bien fait ! – m’a collé une paternité de plus dans les pattes…

Trois enfants, trois souvenirs très différents

Ma première fillounette, je ne savais pas que ce serait une fillounette. Avec la maman, on avait voulu garder une partie du mystère de l’enfantement (une partie seulement, car le lien de cause à effet entre le gros câlin et la grossesse, ça on était au courant). On a découvert le sexe de bébé à sa naissance. Je me souviens qu’il neigeait dehors, et qu’on s’était retrouvés comme dans une bulle à la maternité pendant près de 48 heures, et c’était magique. Et que l’émotion était grande quand elle est née, car je suis d’une famille où peu de filles naissent. C’était la toute fin d’année, on a bu une goutte de champagne le 31 au soir à la maternité, j’ai laissé la maman s’endormir vers 22 h, puis je suis rentré chez moi regarder la télé, tout seul, et pour le principe je me suis couché à minuit et 2 minutes. On est rentrés tous les trois le lendemain, 1er janvier au matin, il n’y avait personne dans les rues.

Pour mon garçon, je ne savais pas non plus que ce serait un garçon. Mais j’étais persuadé que ce serait une fille. J’ai dû procéder dans ma tête à quelques secondes d’adaptation quand il est né ! Après, il n’a pas eu de bol : le sein de sa maman ne le nourrissait pas, et nous on ne comprenait pas pourquoi il criait. Il avait juste faim. Il en a gardé une aversion gigantesque à la frustration. Avec un comportement très difficile dès le plus jeune âge, aggravé à l’adolescence. J’en parle parfois dans mon blog… Bref un garçon adorable mais chiant.

Pour ma petite dernière, il a fallu du temps pour que je me dise que je pouvais replonger dans la paternité, 17 ans après le « petit » dernier. D’abord il fallait que j’accepte ma situation de « vieux » qui se remet en couple avec une « jeune » d’une trentaine d’années. Mal vu. Le regard soupçonneux des gens qui pensent que c’est un peu pervers, les copains qui s’étonnent de cette différence d’âge, la famille (et notamment mes enfants) qu’il faut rassurer… Et après recommencer en annonçant le futur bébé… J’en parle aussi dans mon blog. Il y a des silences gênés, parfois des réflexions déplacées (« C’est un accident non ? »). Mes enfants ont réagi différemment : la grande fille était sceptique, peut-être une pointe de jalousie. Le garçon était content de devenir grand frère.

Une fois que je me suis senti prêt pour une nouvelle aventure, rien ne pouvait m’arrêter. La grossesse s’est bien passée, j’ai pu jouer mon « patriarche qui en avait vu d’autres » et ainsi rassurer madame. L’accouchement a eu lieu dans les « nouveaux » bâtiments de Saint-Vincent de Paul à Paris, maternité où étaient nés mes deux grands (mais dans les anciens bâtiments). On savait que ce serait une fille. A sa naissance, j’ai versé ma petite larme.

La paternité, ça change tout !

Avec ma première fille j’ai mis un pied dans l’âge adulte. Avec mon garçon j’y ai mis les deux pieds. Avec ma petite dernière, c’est la maturité zenifiée. Le gros avantage d’avoir eu deux enfants avant, bien avant, c’est que je sais qu’il y a des périodes d’inquiétudes ou de stress quand ils grandissent : quand ils sont malades, quand ils se mettent à marcher, quand ils font leur petite crise vers 18 mois, quand ils vont à l’école et que ça se passe plus ou moins bien. Puis quand ils font leur crise d’ado, parfois dévastatrices, comme avec mon garçon. Mais je sais qu’à la fin, ils vont bien et les parents aussi. Que ces moments de stress ou d’énervement ne sont que des mauvaises passes. Que tout le monde finit par s’adapter. Et qu’on peut être fier d’eux et de ce qu’on a fait pour qu’ils soient le plus épanouis possible.

Du coup, la petite dernière, je la vis à merveille. Car je ne suis pas stressé. Je sais quels comportements sont inutiles de notre part, je sais qu’il s’agit d’un enfant et pas d’un adulte miniature, et qu’il faut être patient pour les aider à se construire. En plus niveau professionnel, j’ai passé le cap de devoir faire mes preuves : résultat c’est plutôt moi qui m’occupe de la petite, quand maman est dans la période de faire son trou. Comme je dis toujours : à la maison, c’est moi qui fais la femme (c’est de l’humour hein, faut pas prendre ça au premier degré !) Cela permet aussi à la maman d’être assez cool. Bien sûr, ce n’est pas tous les jours la joie au foyer, quand la minus fait son petit caractère et hurle ses exigences, on a envie de la planter là et d’aller au cinéma. Mais par rapport à mes deux premiers, c’est le jour et la nuit niveau stress. Et je pense que la petite le ressent. J’ai hâte de voir ce qu’elle deviendra.

Alors à ma grande fille de 22 ans je lui dis que je suis fier de ce qu’elle est devenue, de son caractère, de sa débrouillardise. A son âge, j’étais franchement encore un peu neuneu. C’est donc elle qui a forgé ce qu’elle est devenue. J’espère y avoir contribué.

A mon grand gars de 19 ans, je lui dis que je suis fier de ce qu’il est, malgré ses tendances délinquantes, malgré ses mensonges. Il a réussi à se frayer un chemin et à imposer ses choix. Ce n’était pas les miens, mais après tout mon enfant est une personne. Pour l’instant tout va bien… Il est totalement différent de moi. Je ne sais pas ce que je lui ai apporté. Mais je le regarde et je le suis avec curiosité et amour.

Quant à ma petite dernière de 20 mois, je lui dis que je suis fier d’elle. Que je suis heureux de lui avoir donné vie, avec sa maman. Car elle est belle, pleine de vie, pleine d’humour déjà, et j’en suis sûr, on entendra parler d’elle plus tard.


Son Blog : PAPAQUINQUA

Sans titrePrésentation :

J’ai 50 ans et mon 3e enfant est né en septembre 2014. Plus de 17 ans après la naissance de mon fils, près de 21 ans après celle de ma fille. Je fais partie des 5 % d’hommes qui deviennent papa après 45 ans. C’est trois fois plus qu’en 1980. Mais ça reste rare. Alors pour les interrogatifs, je vais raconter ici mon quotidien de « vieux papa », heureux de l’être de nouveau. Et donner de vrais-faux conseils, des fois.

Quand as-tu commencé?

J’ai commencé en février 2014, près de 7 mois avant la naissance de ma fille. Puis j’ai continué, après sa naissance, de manière un peu plus erratique.

Pourquoi tiens-tu un blog?

Ça doit intriguer, d’être papa si tard et si vieux. Je me suis dit que ça pouvait intéresser. En fait j’ai l’impression que ça choque moins que je n’imaginais. Alors je prends ce blog pour un défouloir sur ma petite vie de famille, et pour raconter des trucs marrants aussi, parce que la vie est trop courte pour se prendre le chou, et doit être vue en rose. Surtout que c’est dans les choux que naissent les garçons, et dans les roses que naissent les filles, c’est bien connu.


Un grand merci à lui d’avoir pris le temps de me raconter son histoire avec ses mots. C’était une première pour moi par rapport aux interviews que je fais d’habitude, où je pose des questions et on me donne des réponses. Ce coup-ci il avait carte blanche ! J’espère que ça vous à plu, si vous voulez en savoir plus sur ce papa je vous invite à aller voir son blog (le lien est plus haut dans l’article) ou le suivre sur Twitter.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s