L’accouchement

« Chérie, nous sommes à deux jours du terme  et j’ai des contractions qui durent plus d’une minute à un intervalle de cinq minutes, je pense que le travail a commencé ». « Très bien, d’après Baby Boom il semble effectivement que nous devons aller à la maternité ! Laisse moi juste le temps de prendre le sac que nous avons préparé pour ton séjour là bas ».  – 3 jours plus tard – « Il est magnifique, tu as vraiment bien travaillé mon cœur. Rentrons à la maison maintenant afin que nous commencions notre nouvelle vie tous les trois ! ». Voilà grosso modo le plan que nous avions avec ma chérie pour la fin de sa grossesse. Mais évidemment, ça ne s’est pas du tout passé comme ça…

Comme je le racontais dans l’article Le 3eme trimestre, nous étions tranquillement chez nous le 18 septembre (le terme était prévu le 14 octobre) quand nous avons dû aller à la maternité pour faire un check-up auprès des sages femmes. La tension de ma chérie atteignait les 18 (elle doit être inférieure à 14), sa protéinurie était trop élevée et elle avait de l’œdème : tous les signes d’une pré-éclampsie. Cette maladie est assez fréquente chez les femmes enceinte et il y a peu de séquelles si on est pris en charge rapidement. Toutefois, non traitée, les complications peuvent être gravissimes et allez jusqu’au décès de la mère et du bébé. Pour plus d’informations sur la maladie je vous invite à lire cet article : pré-éclampsie. Soyez donc vigilent aux symptômes pouvant indiquer une hypertension (comme l’œdème) et n’hésitez pas à faire des examens réguliers pour surveiller vos urines. Mais ne paniquez pas, les gynécologues sont attentifs et le personnel de la maternité sait comment gérer ce genre de cas !

Les blouses "cul nu" et des fils partout, les joies de la maternité

Les blouses « cul nu » et des fils partout, les joies d’être à la maternité

Le début du séjour à la maternité commençait donc plutôt mal et nous n’étions absolument pas préparé à ça (je devais commencer à stresser le 7 octobre selon mon planning). La meilleure façon de stopper la pré-éclampsie est tout simplement d’accoucher, seulement nous étions à un mois du terme et bébé n’avait pas du tout prévu de sortir maintenant. Le 18 au soir, les sages femmes ont donc entamé la procédure afin de déclencher le travail. Il faut plus de vingts heures pour que le produit fasse effet, c’est donc le cœur lourd que je suis rentré chez moi, tout seul, afin de me reposer et préparer les affaires pour la suite des opérations.

Le lendemain, après une nuit agitée (je vais être papaaaaa), je retournais donc à l’hôpital prendre des nouvelles de ma compagne (et lui apportais des culottes propres, ce qui n’était pas du luxe). L’ambiance dans la chambre n’était pas des plus calme. Entre les « bip bip » du monitoring, ceux du tensiomètre, les écrans avec des courbes dans tous les sens, sans oublier sa chérie avec des câbles partout, on se sentait un peu stressé. La salle d’accouchement était très confortable, avec un grand lit, de l’espace pour circuler et une jolie vue. Ainsi qu’un tabouret en plastique, pour le papa (super confortable pour passer la journée). C’est donc tous les deux, à observer les courbes sur le moniteur et regarder les pulsations du cœur de notre bébé que nous entamions cette journée du 19. En fin d’après-midi, lors de la seule sortie autorisée de ma moitié, ses parents ont débarqué après un voyage express (ils habitent à 900km de chez nous) afin de passer 5 bonnes minutes avec leur fille. Si elle était cantonnée à sa chambre, j’avais au moins du monde avec qui parler quand j’allais prendre l’air.

Nous ne pouvions rien faire à part attendre, l’état de santé de ma compagne ne se dégradant pas nous n’étions pas trop inquiet. Les 1ere contractions ont commencé à ce faire sentir en début de soirée, avant de devenir plus fortes à l’heure du repas. Parfait, je pouvais donc aller manger pendant la péridurale (bon timing). Le stress commençait à monter, l’heure fatidique approchait à grand pas. C’est donc devant un plat de sushis dégusté sur un banc (merci à mes beaux parents de m’avoir nourri !) que je prenais l’air pour la dernière fois avant d’inaugurer mon nouveau statut. Le ventre plein et 10km parcourus à tourner en rond, je retournais auprès de ma bien aimée pour cette nuit qui s’annonçait riche en émotion. Dans un coin de la pièce, j’essayais de me reposer un peu en attendant que la situation évolue, mais difficile avec toutes les allées et venues du personnel, le bruit non stop des appareils et la vision de ma chérie reliée à toutes ces machines. Pas vraiment mon meilleur souvenir.

Vers minuit son col était ouvert à 6cm. A l’allure de 1cm par heure en moyenne, l’accouchement était prévu vers 4-5h du matin selon les pronostiques des sages femmes. Sa mère nous avait prévenu que chez eux, c’était des rapides, et une fois de plus elle avait vu juste. Seulement 1h30 plus tard, ma chérie a commencé à sentir des contractions un peu plus douloureuses et une sensation étrange, comme si quelque chose descendait…c’est donc un peu circonspect que la gynécologue qui passait par là accepta de l’examiner. Et elle a bien fait ! Le bébé s’était engagé, c’était maintenant. Le regard vite, fatigué, perdu au milieu de la pièce où les sages femmes, la gynécologue et l’anesthésiste s’agitaient (on était bien entourés !), j’essayais du mieux que je pouvais de rassurer ma belle qui allait connaître l’expérience supposée la plus douloureuse de sa vie. Entre deux poussées j’essayais de lui dire des mots doux pour l’aider (« TAIS TOI JE ME CONCEEEEENTRE ! »), impuissant, en la regardant si forte et déterminé à donner la vie malgré son épuisement. L’accouchement en lui même n’a pas duré plus de 5 minutes.

1ere photo de mon fils à la naissance, à croquer !

1ere photo de mon fils à la naissance, à croquer !

Mon fils. Ma chérie. Ma 1ere pensée sur le moment a été « je veux épouser cette femme » (j’ai attendu quand même pour lui demander, mais on verra ça dans un autre article !) et, après avoir vu cette crevette de 2kg500 pour 46cm sur le ventre de sa mère : « je suis papa ». Nous n’avons pas eu la vague d’émotion comme nous l’avions imaginé, tout est allé trop vite. Nous étions encore tous les deux dans notre canapé à glander devant la télévision il n’y a même pas 48h et aujourd’hui, le 20 septembre 2015, nous sommes trois. Au final, rien ne peut nous préparer à ce moment là. On a beau faire des plannings, anticiper ses émotions, se préparer mentalement à la vie avec un bébé, on oublie tout quand on voit ce petit Être prendre vie devant nos yeux. Le stress, la douleur, la fatigue, tout s’évapore. Il vient juste d’arriver, mais il est déjà le centre du monde, de notre monde. Nous sommes parents.

Le séjour à la maternité étant assez mouvementé par la suite, j’en parlerai dans un prochain article !

 

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